C'est dans la province belge de Flandre-Occidentale, à environ trois kilomètres à l'est de la ville de Menin, que se trouve le plus grand cimetière militaire allemand de Belgique. C'est là, dans la Groenestraat à Wevelgem, près de la frontière belgo-française, que reposent près de 48 000 soldats allemands tombés pendant la Première Guerre mondiale, qui ont surtout perdu la vie lors des batailles d'Ypres.
Description du cimetière
Le cimetière a été aménagé par les troupes allemandes en 1917, à la suite des combats qui se sont déroulés dans la forêt de Menin. À la fin de la guerre, 6 340 morts y étaient inhumés. Pendant la guerre et dans l’après-guerre, l’entretien du cimetière relevait de la compétence du « Bureau central d’enregistrement des pertes de guerre et des tombes de guerre » à Berlin. À la suite d’un accord entre les gouvernements belge et allemand, le « Service officiel des sépultures des Allemands en Belgique » a pris en charge la gestion des cimetières allemands et a confié leur entretien à la Croix-Rouge belge en 1925.
Le cimetière militaire de Menin est accessible par un petit bâtiment d’entrée où sont mis à disposition la liste de tous les soldats tombés au combat et un livre dans lequel les visiteurs peuvent inscrire leur nom ou leurs pensées. Au centre du cimetière se trouve une petite chapelle de plan octogonal. Des mosaïques de l’artiste munichois Franz Grau, représentant des motifs bibliques, ornent l’intérieur. Deux reliquaires contiennent chacun un livre en parchemin qui recense les noms des personnes qui reposent ici. Le cimetière, recouvert de gazon et bordé de grands arbres, donne l’impression d’un vaste parc. La géométrie rigoureuse des pierres tombales en granit belge alignées en rangées est parfois égayée par un groupe de croix en grès disséminées dans l’espace. Grâce à des transferts de dépouilles provenant d’autres cimetières militaires en Belgique, le nombre de défunts inhumés au cimetière de Menin est passé à 47 911. En 1991, toutes les pierres tombales ont été renouvelées. Le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a pris en charge le parrainage du cimetière d’honneur de Menin, entretenu par l’association Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge e. V.
Historique
Les combats en Flandre pendant la Première Guerre mondiale ont duré quatre ans et ont atteint leur paroxysme en 1917. Souvent, il était impossible de récupérer les corps des soldats tombés au combat, et les obus détruisaient les cimetières qui venaient d’être aménagés. Les troupes allemandes occupèrent Menen, située à proximité du front occidental, d’octobre 1914 à la mi-1918. On y trouvait des dépôts, des hôpitaux militaires, des infirmeries, des cuisines de campagne et des boulangeries destinés à l’armée allemande. Jusqu’en 1917, les victimes de la guerre trouvaient leur dernière demeure au cimetière municipal, situé derrière la gare. Par la suite, notamment dans le cadre de la troisième bataille des Flandres, les Allemands ont aménagé le « cimetière d’honneur de Meenen Wald n° 62 ».
Particularité
Conformément à un accord conclu en 1954, les soldats allemands tombés au combat, inhumés dans de nombreux petits cimetières militaires allemands dispersés à travers la Flandre, ont été transférés entre 1956 et 1958. Les dépouilles des soldats ont été rassemblées depuis 128 cimetières vers quatre cimetières : Langemark, Vladslo, Hooglede et Menen. En Flandre méridionale, selon le décompte effectué par l’association Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge e. V., 49 cimetières militaires ont été désaffectés au profit de celui de Menen. Autour de la chapelle du cimetière militaire de Menen sont inscrits les noms des cimetières allemands dont les défunts ont été transférés ici.
Remarque
Si le cimetière n'est pas accessible, la clé peut être retirée chez Marc Vanhauweart, juste en face du cimetière. Une indication concernant le retrait de la clé se trouve également dans le hall d'entrée.