Ce site funéraire figure depuis septembre 2023 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
La commune française de Hohrod appartient au département du Haut-Rhin, dans la région du Grand Est. Elle est située à 15 kilomètres à l'ouest de la ville de Colmar.
Contenu
2 460 soldats allemands tombés pendant la Première Guerre mondiale y sont inhumés. L'Alsace et les Vosges ont été à maintes reprises le théâtre de combats acharnés et sanglants. Après la fin de la guerre, les autorités militaires françaises ont exhumé les dépouilles des soldats, qui avaient auparavant été inhumées dans des tombes provisoires dans plusieurs communes de la région, et les ont réinhumées au cimetière de Hohrod.
1 518 soldats reposent dans des tombes individuelles, dont 40 sont inconnus. Parmi les 942 soldats inhumés dans une fosse commune, 519 sont inconnus. Pour des raisons religieuses, les tombes de six soldats juifs tombés au combat ont reçu, à la place d’une croix, une stèle funéraire en pierre naturelle.
Les garnisons d’origine des 2 460 soldats allemands tombés au combat et inhumés à Hohrod se trouvaient pour la plupart en Bavière, dans le Bade et dans le Wurtemberg, mais aussi en Rhénanie ainsi qu’à Hanovre, Brunswick et en Frise orientale.
Historique
Les premiers travaux d’entretien du cimetière ont été pris en charge par l’association Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge e. V. en vertu d’un accord conclu en 1926 avec les autorités militaires françaises. Ces travaux comprenaient le réaménagement de l’entrée, la construction d’un mur en moellons côté rue ainsi que la bordure de la fosse commune avec des moellons. La surface du cimetière fut plantée de bruyère, d’arbustes et de nombreux arbres. Le problème de l’identification durable des tombes resta toutefois sans solution – d’abord par manque de devises, puis en raison de la Seconde Guerre mondiale.
Après la conclusion de l’accord franco-allemand sur les sépultures de guerre du 19 juillet 1966, le Volksbund – avec le soutien financier du gouvernement fédéral – a entamé l’aménagement définitif des cimetières militaires allemands en France. Un groupe de jeunes de la Forêt-Noire a d’abord effectué les travaux préparatoires de jardinage et a aidé, en 1971, à remplacer les croix funéraires provisoires en bois par des croix métalliques portant les noms et les dates des défunts. À cette occasion, les jeunes ont notamment coulé de lourdes fondations en béton.
De 1978 à 1980, le site a fait l’objet d’une rénovation en profondeur. La plantation de bruyère le long des rangées de tombes a été en grande partie renouvelée, et le peuplement d’arbres a été éclairci. De nouveaux allées gazonnées ont été aménagées, les murs endommagés ont été réparés et le portail d’accès a été rénové. Le service d’entretien du Volksbund assure la gestion permanente du cimetière.
Particularité
En septembre 2023, l’UNESCO a inscrit 139 cimetières de la Première Guerre mondiale au patrimoine mondial. 23 cimetières allemands sont gérés par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge e.V. – Hohrod-Bärenstall en fait partie.