Ce site funéraire fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis septembre 2023.
Occupation
Sur ce site du département de la Meuse reposent 11.148 morts de la Première Guerre mondiale : 11.085 Allemands, un mort de guerre russe et 62 morts de l'armée impériale et royale autrichienne. L'armée austro-hongroise. Les autorités militaires françaises avaient créé ce cimetière de guerre allemand en 1920 en tant que cimetière collectif.
C'est là que furent transférés les morts allemands enterrés provisoirement entre Verdun et Henay, à gauche et à droite de la Meuse, lors des premiers combats d'août 1914, de la guerre de position et des batailles de Verdun de 1916, de l'été 1917 et de septembre/octobre 1918. D'autres enfouissements d'ossements suivirent, récupérés lors de la remise en culture des champs de bataille. Ces travaux se sont poursuivis presque jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale.
Dans le cimetière reposent aujourd'hui des morts dont les troupes étaient stationnées dans presque tous les pays et provinces de l'ancien Empire allemand. Les morts de l'armée austro-hongroise appartenaient à quatre divisions impériales et royales. Elles avaient été envoyées en renfort sur le front occidental à partir de l'été 1918 et y ont combattu jusqu'à l'armistice du 11 novembre 1918. Plusieurs régiments d'artillerie k.u.k. Des régiments d'artillerie étaient déjà engagés à l'ouest depuis février 1918.
Sur les 11.148 morts, 8.611 reposent dans des tombes individuelles ou collectives ; 78 sont restés sans nom. Dans les deux tombes communes contenant 2.537 victimes, 1.501 sont connues par leur nom. Pour des raisons religieuses, les 23 morts de confession juive ont reçu une stèle funéraire en pierre naturelle à la place de la croix.
Historique
Les premiers travaux d'entretien du cimetière furent pris en charge par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge e. V. sur la base d'un accord conclu en 1926 avec les autorités militaires françaises. Dès l'hiver 1927/28, plusieurs arbres furent plantés, malgré la poursuite des inhumations. La pénurie de devises et le début de la guerre en 1939 firent échouer la poursuite de l'aménagement.
Après la campagne de France en mai-juin 1940, suivie de l'occupation allemande d'une grande partie du pays, le "Service officiel des sépultures allemandes" transféra en 1943 6.000 morts allemands supplémentaires à Consenvoye, provenant de cimetières de la vallée de la Meuse et de cimetières régimentaires pratiquement inaccessibles au milieu de la forêt d'Argonne.
Le Volksbund poursuivit en même temps l'aménagement du site et fit construire une entrée et un mur de soutènement en grès des Vosges tout au long du front de rue. Des groupes de croix monolithiques furent placés sur les rangées de tombes, tandis que les tombes étaient signalées par de petits piquets en chêne recouverts de cuivre. Le projet resta pour l'instant inachevé lorsque les troupes alliées débarquèrent en Normandie et libérèrent la France de l'occupation allemande.
Après la conclusion de l'accord franco-allemand sur les sépultures de guerre du 19 juillet 1966, le Volksbund - soutenu financièrement par le gouvernement fédéral - commença l'aménagement définitif des cimetières militaires allemands en France.
Des jeunes avaient déjà commencé bénévolement des travaux préparatoires d'aménagement paysager. Ils comblèrent entre autres des excavations datant des années 1943/44 et éliminèrent la végétation sauvage avant que le cimetière ne soit engazonné.
en 1978, le Volksbund a marqué les tombes avec des croix métalliques - avec noms et dates moulés - à la place des croix provisoires en bois. Ce sont à nouveau des jeunes qui ont posé les fondations des croix de 35 kilos, livrées par l'armée allemande.
Les noms et les dates des morts reposant dans les tombes communes ont été inscrits sur des plaques métalliques coulées. Dans les tombes collectives où plusieurs morts se trouvent dans une même tombe, les noms sont gravés sur des plaques de pierre devant les croix.
D'importantes plantations ont encore amélioré le site, notamment derrière la fosse commune supérieure, qui a été entourée d'une bordure en pierre naturelle. Des groupes de croix monolithiques, autrefois dispersés dans le champ de tombes, soulignent aujourd'hui l'image de la fosse commune.
Particularité
en 1984, Consenvoye a été le théâtre d'un événement d'une grande importance avec François Mitterrand et Helmut Kohl : "Dans ce cimetière militaire, le 22 septembre 1984, pour la première fois dans l'histoire des deux peuples, le président de la République française et le chancelier allemand se sont rencontrés. Ils ont déposé des gerbes en mémoire commune des morts des deux guerres mondiales et ont déclaré : "Nous nous sommes réconciliés. Nous nous sommes entendus. Nous sommes devenus amis" Telle est l'inscription d'une plaque sur la fosse commune supérieure.
En septembre 2023, l'UNESCO a déclaré 139 cimetières de la Première Guerre mondiale comme sites du patrimoine mondial. 23 tombes sont sous la garde du Volksbund. Consenvoye est le premier sur lequel la plaque de l'UNESCO a été dévoilée.
Dans le cadre de l'"Opération Levi", le Volksbund a commémoré en juin 2026 les soldats juifs de la Première Guerre mondiale : sur les tombes de Levy et Julius Rosenthal, Alfred Hess et Arthur Schlesinger, il a échangé des croix chrétiennes contre des stèles avec l'étoile de David. Pour David Jacobs, Hermann Marx et Karl Schuster, il a dévoilé une stèle commune. Sur les plaques des tombes des camarades, des rosettes avec l'étoile de David rappellent Josef Leiter, Emil May, Sally Levi, Adolf Mendels et Max Wertheimer.